En savoir plus sur les papillons

C'est quoi un lépidoptère ?

Comme tous les insectes, les papillons se caractérisent par un corps divisé en trois parties « Tête / Thorax / Abdomen » (bien que ces dernières soient peu distinctes chez cette grande famille), deux paires d'ailes écailleuses (le nom scientifique des papillons est lépidoptère qui traduit du grec signifie « écailles ») ainsi qu'une paire d'antennes et trois paires de pattes articulées.
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L'appareil buccal dit « suceur » des papillons se présente sous la forme d'une trompe rétractable permettant d'aspirer, pour la plupart d'entre eux, le nectar des fleurs dont ils se nourrissent. Enfin on distingue les papillons de jour (rhopalocères) caractérisés par leurs couleurs vives et antennes en forme de massue, des papillons de nuit (hétérocères) aux antennes généralement ramifiées. Attention, certains papillons de nuit vivent le jour ! Il ne faut pas se fier à ce nom.

La vie des papillons ?

Les œufs sont déposés par la femelle sur une plante hôte, et donnent naissance aux chenilles au bout de quelques jours (ou au bout de tout un hiver pour certaines espèces). La chenille se nourrit le plus souvent des feuilles de sa plante hôte. Elle grossit alors très vite, multipliant plusieurs fois son poids en quelques semaines, ce qui l'oblige à changer régulièrement de peau : ce sont les mues.
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Arrivée au bon poids, la chenille se transforme en chrysalide, se fixant dans un coin tranquille le temps de réorganiser totalement son corps.
S'extirpant de l'enveloppe de la chrysalide sort le papillon adulte ou imago. Enfin muni d'ailes, le papillon tel qu'on le connaît le mieux se nourrit alors du nectar des fleurs, assurant au passage leur pollinisation.
C'est à ce stade que les individus des deux sexes se retrouvent, grâce à des messages d'odeurs particulières, les phéromones. Le papillons mâles ne vivent pas longtemps après l'accouplement. Les femelles, quant à elles meurent après la ponte Ce dernier stade de leur vie aura duré de quelques semaines à quelques mois.

Quelles est l'origine du mot « papillon » ?

Le mot « papillon » est dérivé du latin papilio et désigne un papillon de jour, ce vocable étant lui-même tiré de la racine pil (aller, vaciller) dont papilio serait une forme à redoublement (allusion probable aux battements des ailes et aux déplacements vifs de ces insectes). Les Romains donnaient aussi ce nom aux tentes dont les rideaux s'ouvraient et se fixaient par devant et évoquaient les ailes d'un papillon.
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De même, le mot « papilionacées » (sous famille de légumineuse aujourd'hui nommé Fabaceae ) fait allusion aux plantes dont les fleurs ont une corolle formée de cinq pétales inégaux ayant quelques ressemblances avec un papillon en position de vol.
L'histoire contemporaine n'a pas retenue le terme « papilloniste » proposé par Emile Littré pour décrire le naturaliste qui s'occupe des papillons, à la place, on emploie aujourd'hui le mot « lépidoptériste » (littéralement, « qui s'occupe des lépidoptères »), terme plus savant mais beaucoup moins poétique...
Les papillons de nuit –hétérocères- ont reçu des noms tout différents, mais assez peu utilisés de nos jour : bombyx, sphinx, phalène, noctuelle, pyrale. Avant l'apparition de l'électricité, les papillons de nuit étaient attirés par la lumière des feux, et les Anciens croyaient parfois qu'ils venaient s'y jeter volontairement (pyralis : insecte du feu).

Combien existe-il de familles de papillons ?

Pour l'heure, on considère qu'environ 130 familles de lépidoptères sont recensées dans le monde. Ce nombre reste approximatif, et il peut être surprenant qu'à notre époque on soit encore incapable de donner un chiffre précis. En effet, depuis des décennies, on connaît le nombre de familles de mammifères ou d'oiseaux, et personne ne se risquerait à déplacer telle espèce de chat pour la placer dans les canidés !
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La raison est que, vu leur petite taille et leur nombre, les papillons restent encore très mal connus. Chaque année on décrit des dizaines, voire des centaines d'espèces nouvelles, réparties dans de nombreux genres.
Dans un tout autre registre, la définition-même des familles évolue. De nouvelles familles sont définies, ou au contraire, regroupées en un nombre plus restreint.
Il faut dire que de nombreux outils et des nouvelles techniques pour définir les caractères discriminants sont désormais disponibles et s'ajoutent à l'étude traditionnelle de la morphologie externe de l'insecte.

Papillons de jour, papillons de nuit, quelle différence ?

La question peut surprendre, car en effet, il est logique de penser qu'un papillon diurne (de jour) vole pendant la journée, tandis qu'un papillon de nuit est nocturne. Si cela n'est pas inexact, toute la vérité n'est là.
En fait, certains papillons « de jour » volent en soirée, tandis que des papillons « de nuit » s'ébattent régulièrement durant la journée (parfois seulement à l'aube). Le décalage entre les catégories officielles et la réalité tient principalement à l'histoire de leur classification.
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Aujourd'hui, on sait que des groupes naturels entiers peuvent contenir des espèces dont l'activité peut être diurne, crépusculaire ou uniquement nocturne. Certains papillons actifs la nuit peuvent également s'envoler durant la journée quand on les dérange. De plus, il est apparu que les papillons diurnes et joliment colorés n'appartiennent pas aux groupes de Lépidoptères les plus évolués (ce sont les noctuelles qui ont ce privilège).
En fait, dans le groupe des insectes adultes, les papillons de jour (seulement 4% des Lépidoptères) se distinguent essentiellement des « nocturnes » par la forme de leur antennes. Celles-ci sont terminées par un bouton – ou massue-, d'où leur nom de « rhopalocères ». Les autres, ou « hétérocères », ont des antennes filiformes ou plumeuses. Les papillons d'activité diurne présentent généralement une livrée (apparence générale de l'insecte) très colorée, et des spécimens d'hétérocères de collection joliment ornées témoignent qu'il s'agit d'espèces à activité au moins partiellement diurnes. Cependant, lors des migrations, certains papillons diurnes et nocturnes peuvent circuler à toute heure.

Où les papillons passent-ils l'hiver ?

Les papillons, c'est bien connu, virevoltent au soleil à la belle saison et butinent les corolles. Les soirées d'été un peu lourdes, si l'on habite à l'écart des villes et des cultures intensives, on voit surgir des phalènes et autres bombyx ébouriffés autour des lampes, et jusque dans les maisons ... cependant, quand la bise est enfin venue, où sont-ils passés ?
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Pour le savoir, il faut d'abord connaître leur biologie. Les papillons sont des insectes à métamorphoses complètes, c'est-à-dire qu'ils passent par quatre stades successifs : œuf, larve (chenille), nymphe (chrysalide) et imago (adulte). A la chute des feuilles à la fin de l'automne, et du fait que la plupart sont phytophages, il n'y a plus grand-chose à butiner ou à grignoter. Beaucoup d'adultes se sont déjà reproduits et sont morts (la durée de vie adulte moyenne n'est que de deux ou trois semaines). Si l'on excepte les rares espèces migratrices qui peuvent retourner vers des contrées plus clémentes, le problème de l'hivernage se pose.
Une majorité des espèces supporte l'hiver à l'état d'œuf, lequel est le stade le plus résistant (beaucoup résistent à des températures inférieures à -30°C). Difficilement repérables par les prédateurs, les œufs sont d'ordinaire collés sur l'écorce des brindilles, juste à la base des futures pousses, ce qui permet aux chenilles nouveau-nées de disposer de nourriture dès leur émergence.
Beaucoup de chenilles n'ont pas fini leur croissance à la fin de l'automne, et il n'est donc pas rare qu'elles hivernent. Pour ce faire, elles s'enfouissent dans la litière, ou même dans le sol, parfois dans un abri de soie.
L'hivernage à l'état de chrysalide est aussi fréquent. Celles-ci sont le plus souvent enfouis dans le sol, souvent dans un cocon de soie ou à base de grains de terre. Les papillons en sortent au printemps, souvent après les pluies.
Enfin, un nombre non négligeable de papillon passent l'hiver à l'état adulte dans nos régions. Parmi les plus spectaculaires, on compte les vanesses et les citrons. Les cabanons de jardins et autres bâtiment inhabités, greniers, caves, mais aussi arbres creux sont des refuges pour les hivernants.

A quoi servent les couleurs et les dessins des ailes ?

S'il est une chose que l'on remarque en premier lieu lorsque l'on observe un papillon, c'est bien la couleur et l'ornementation de ses ailes. Ceux de jour, en particulier, se distinguent par leurs livrées colorées et contrastées. Souvent plus ternes, les espèces nocturnes à la robe cryptique n'en sont pas moins belles. Leurs ailes peuvent évoquer, par exemple, un morceau d'étoffe ou un éclat de bois.
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Cette ornementation est due aux écailles qui recouvrent la membrane alaire –caractère spécifique des lépidoptères.
La structure des écailles, souvent très élaborée, et toujours variée, est à l'origine des couleurs et des dessins qu'elles forment.
En résumé, on peut distinguer deux types de couleurs, celles liées à des pigments et celles d'origine physique (les couleurs métalliques). Ainsi pour ces dernières, la couleur de l'aile varie selon l'angle d'après lequel on la regarde.
Mais l'ornementation des ailes n'est pas là pour un simple agrément.
Les espèces à vol diurne ont le plus souvent des ornementations à base de couleurs vives. Celles-ci leur permet d'abord de se reconnaître et facilite donc le rapprochement visuel des sexes (il arrive souvent que les mâles et les femelle d'une même espèce n'ai pas les même ornementations et les même couleurs). Chez un nombre non négligeable d'espèces, la présence d'oselles (taches rondes cernées d'une couleur différente) au recto ou au verso évoque quelque peu les yeux d'un plus gros animal, ce qui peut dissuader les prédateurs. Quelques espèces ont même une livrée et une forme qui évoquent ces prédateurs : les sésies ont la couleur, la forme, et même le comportement des guêpes (mais ne piquent pas !).
Beaucoup d'espèces diurnes exhibent une livrée bien contrastée, dite aposématique, et qui avertit les prédateurs de leur toxicité. Cette livrée étant efficace, des papillons non toxiques l'ont également adoptée.
Chez les espèces nocturnes qui se reposent sur divers supports végétaux ou minéraux durant la journée, les ailes et tout le corps présentent en revanche une livrée de type cryptique qui les fondent dans leur environnement. Certaines espèces allant jusqu'à évoquer une fiente d'oiseau ou un morceau de feuilles grignotée !

En quoi les papillons sont-ils utiles ?

Les papillons sont-ils des indicateurs fiables de l'état de l'environnement ? Il est désormais largement établi que la présence ou l'absence de certaines espèces de plantes ou d'animaux dans un site donnée témoigne de son état.
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Plus grande est la biodiversité, plus il est probable que l'endroit concerné a été préservé des méfaits de l'activité humaine. D'ordinaire, lorsqu'on veut entreprendre une expertise, on se fonde sur les plantes et les plus gros animaux. Les insectes sont également étudiés, mais surtout les orthoptères et les libellules pour les milieux aquatiques.
Les papillons de jour comportent aussi des espèces « sensibles ». Les papillons de nuit, en revanche (pourtant de loin les plus abondants), sont plutôt délaissés. De fait, puisque essentiellement phytophages et liés aux plantes présentes, les lépidoptères sont le plus souvent d'excellents « bio-indicateurs ». La présence de certaines espèces signifie que la plante nourricière s'y trouve, ou que le site a été peu perturbé.
Les espèces migratrices, en revanche, n'indiquent pas grand-chose, puisque leur présence reste occasionnelle.

Existe-t-il vraiment des arbres à papillons ?

En région tropicales, les fleurs de la canopée attirent sans nul doute les papillons qui viennent les butiner. Cela reste difficile à observer, d'où l'intérêt des « radeaux cimes » (plateforme d'observation de la faune et de la flore installée sur la canopée).
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Dans nos régions, les arbres attirent peu les papillons. Ce sont sans doute les saules qui, au printemps, attirent le plus les papillons (diurnes et nocturnes), lesquels viennent butiner les chatons mâles.
Le prétendu « arbre à papillons » vendu dans le commerce est une plante arbustive envahissante originaire de Chine, de la famille des Scrophulariaceae – le Buddleia du père David (Buddleja davidii) – dont il existe en fait de nombreuses espèces de ce genre. A l'égal de l'ailante (Ailanthus altissima), le buddleia a envahi les talus des routes et des voies ferrées, les berges et les friches. Le parfum des fleurs du buddleia attire de nombreux papillons de jour comme de nuit, mais aucune chenille ne se développe dessus – donnant ainsi la fausse impression que cette plante sauvegarde les papillons.
Sans être un arbre, le lierre acquiert parfois des proportions et un volume comparable à un petit arbre et, en fleurissant en automne, il attire une quantité impressionnante d'insectes. Les papillons ne sont pas en reste. Nombre de noctuelles, en particulier, viennent le butiner, et c'est parfois l'occasion d'observer des espèces plus discrètes.

Pour plus de questions sur les papillons, nous vous conseillons le livre « Où les papillons passent-ils l'hivers ? 100 clés pour comprendre les papillons » des éditions Quae.